• Le roman au XVIIème siècle

    En relation avec l'évolution de la société et en particulier de la noblesse qui forme le lectorat (abandon des valeurs guerrières et féodales), on recherche plus de raffinement dans la littérature.

    Le genre romanesque prend son essor du roman avec le roman baroque qui répond au goût du public (la noblesse) pour des histoires d'amour, dans un cadre champêtre idéalisé ; ex l'Astrée, d'Honoré d'Urfé, roman fleuve de 5000 pages. (publié de 1707 à 1727 en plusieurs parties)

    Puis c'est la période classique avec son idéal de « l'honnête homme » raffiné et cultivé.

    Le premier roman psychologique : La Princesse de Clèves (1678) Mme de La Fayette. Il s'agit d'un roman classique : au contraire des multiples péripéties du roman baroque, ici l'action est réduite au minimum. Mme de La Fayette s'intéresse à la psychologie des personnages et analyse le conflit interne de lMme de Clèves, partagée entre l'amour qu'elle éprouve pour un autre que son mari, et la conscience du devoir que lui a inculquée sa mère.

    le portrait de Melle de Chartres au début du roman (future princesse de Clèves)

    puis le portrait du duc de Nemours dont elle tombera amoureuse

    Melle de Chartres.

     Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté parfaite, puisqu'elle donna de l'admiration dans un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes. Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l'avait laissée sous la conduite de madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l'éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux.


    Le duc de Nemours

    Ce prince était un chef-d'oeuvre de la nature ; ce qu'il avait de moins admirable était d'être l'homme du monde le mieux fait et le plus beau. Ce qui le mettait au-dessus des autres était une valeur incomparable, et un agrément dans son esprit, dans son visage et dans ses actions, que l'on n'a jamais vu qu'à lui seul ; il avait un enjouement qui plaisait également aux hommes et aux femmes, une adresse extraordinaire dans tous ses exercices, une manière de s'habiller qui était toujours suivie de tout le monde, sans pouvoir être imitée, et enfin, un air dans toute sa personne, qui faisait qu'on ne pouvait regarder que lui dans tous les lieux où il paraissait. Il n'y avait aucune dame dans la cour, dont la gloire n'eût été flattée de le voir attaché à elle ; peu de celles à qui il s'était attaché se pouvaient vanter de lui avoir résisté, et même plusieurs à qui il n'avait point témoigné de passion n'avaient pas laissé d'en avoir pour lui. Il avait tant de douceur et tant de disposition à la galanterie, qu'il ne pouvait refuser quelques soins à celles qui tâchaient de lui plaire : ainsi il avait plusieurs maîtresses, mais il était difficile de deviner celle qu'il aimait véritablement. 


    Les deux personnages dans un extrait du film de Jean Delannoy de 1961



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